Description
Le sujet
Le 6 mars 1892, à Ponapé, capitale des îles Caroline, deux frères, commandant une goélette marchande, sont dénoncés et arrêtés pour avoir, selon le cuisinier du bord, volé le navire, assassiné son capitaine, son second, l’ensemble de l’équipage et un passager. En tout 7 morts. Transférés à Brest, où ils plaident une série d’accidents et la « fortune de mer », ils sont condamnés à mort, peine ensuite commuée en celle de travaux forcés à perpétuité à Cayenne. L’un des frères y mourra d’épuisement, l’autre est gracié et rentre en France où il publie ses souvenirs de navigation et de captivité en 1901 sous le titre Le Bagne. Un comité de soutien plaidait depuis longtemps l’erreur judiciaire, alors que l’affaire Dreyfus déchirait la France.
L’équipée tragique des frères Rorique passionna Jules Verne qui en tira un de ses derniers grands romans maritimes, Les Frères Kip (que nous publierons à la suite de ce premier volume).
Il faut souligner que l’enquête judiciaire, le procès de Brest et les événements qui suivirent forment une extravagante série de coups de théâtre. Ce que nous apprenons peu à peu sur les deux frères nous fait méditer sur l’ambivalence des destinées humaines, mais aussi sur l’amour fraternel et l’amour de la mer – qui livrent sans doute les clés de cette incroyable aventure.
En complément
On trouvera deux dossiers comportant nombre de documents d’archives passionnants et inédits :
- Le procès des deux frères, qui permettra au lecteur de rejuger l’affaire et de se forger une intime conviction sur la culpabilité des accusés, en l’absence de preuves décisives.
- Le procès du bagne, grâce au témoignage du frère survivant, dont les révélations ont pu être recoupées et vérifiées. Aucun doute ne peut subsister ici : le bagne de Guyane fut véritablement un enfer sur terre, dans l’indifférence presque complète de la troisième République.




