Description
Le sujet
Que s’est-il passé au cours de ces deux nuits de juin 1606, entre le Petit-Pont et la rue du Bourg-l’Abbé ? Nous ne le saurons jamais, pas plus que François de Bassompierre (1579-1646) qui les raconte dans ses Mémoires, et qui n’y aura vu, littéralement, que du feu. C’est une histoire dont les silences et les ombres continuent de hanter le lecteur d’aujourd’hui, après avoir intrigué Chateaubriand, Goethe, Hofmannsthal, Pieyre de Mandiargues.
Ces écrivains ont chacun tenté d’en percer les mystères ou d’en combler les lacunes. Mais ce qu’ils en ont écrit en révèle davantage sur eux-mêmes et leur imaginaire, que sur le sort de la petite lingère, à jamais disparue dans cet extraordinaire épisode des mystères de Paris, qui mêle passions et pestilences. Écoutons le Maréchal. Du fond de la Bastille où l’a fait jeter Richelieu, il se souvient, trente ans après, de son extraordinaire aventure…
« … Il y avait cinq ou six mois que, toutes les fois que je passais sur le Petit-Pont, une belle femme, lingère à l’enseigne des Deux-Anges, me faisait de grandes révérences et m’accompagnait de la vue autant qu’elle le pouvait ; et comme j’eus pris garde à son jeu, je la regardais aussi et la saluais avec plus de soin … »
La suite, on la lira dans ce livre à plusieurs voix, accompagnée des interprétations et variations des écrivains cités.
L’auteur
Figure injustement méconnue de l’histoire de France, le maréchal de Bassompierre occupa avec panache la scène militaire, diplomatique et galante de la première moitié du XVIIe siècle. Serviteur loyal de Henri IV, de Marie de Médicis et de Louis XIII, il paya ses maladresses à l’égard de Richelieu de douze ans de captivité à la Bastille. C’est pendant ce long séjour qu’il entreprit de rédiger ses Mémoires, qui offrent un portrait vivant et véridique du Grand Siècle.




